Huissier, ou pas ?

•18 décembre 2011 • 7 Commentaires

Un chouetteur m’a récemment dit avoir obtenu de l’étude de Me Manceau confirmation du fait que cette étude était toujours en possession de l’enveloppe scellée remise par Max en 1993 et contenant les solutions.

Ce chouetteur aurait du mal à réconcilier cette affirmation avec le fait que, comme je l’ai déjà indiqué, les solutions sont en possession des ayants-droit de Max.

En revanche, l’affirmation de l’étude Manceau serait conforme à ce qu’indique Phil d’Euck au sujet de cette enveloppe scellée, mais si tout cela est vrai, le chouetteur en question ne comprend pas pourquoi cette même étude affirme par ailleurs être “hors course” en ce qui concerne la fin du jeu, semblant se décharger ainsi de toute responsabilité…

Pourtant, rien de tout cela n’est incompatible ni mystérieux, si l’on veut bien se donner la peine d’utiliser ne serait-ce que quelques minutes notre matière grise.

Reprenons.

1. J’affirme que les solutions (je ne parle pas ici du LIVRE des solutions, mais des solutions brutes elles-mêmes, la douzaine de feuillets dactylographiés dont parlait Max) sont en possession des ayants-droit de Max. C’est une évidence, pourtant, non? Même une fois les feuillets imprimés confiés à l’huissier, l’auteur de ces feuillets, à savoir Max, conserve bien entendu l’original, fut-ce sous forme de fichier informatique… Donc, cet original est bien en possession des ayants-droit. L’un n’empêche évidemment pas l’autre.

2. L’huissier, en 1993, a donc reçu la version imprimée de ces solutions, dans une enveloppe scellée telle que les affectionnait Max, qui était un peu “rétro” sur cet aspect des choses, et soucieux d’esthétique en plus de sécurité. Bien. Maintenant, il faut savoir (on pouvait s’en douter, non?) qu’un huissier de justice ne travaille pas par philanthropie: il s’attend à être payé.

Or, cette étude n’a plus été honorée depuis des années pour ses frais de garde, notamment pour ce qui est du règlement du jeu dont elle était aussi dépositaire… Si j’ai affirmé que cette étude n’était peut-être plus en possession de l’enveloppe scellée, c’était bien sur cette base, et pas parce que je l’avais inventé, mais parce qu’on me l’avait indiqué de bonne source, comme vous pouvez bien l’imaginer…

Cela s’avérerait-il finalement inexact? L’étude Manceau, ex-Llouquet, serait-elle toujours en possession de l’enveloppe dont elle aurait consenti à demeurer gardienne, même en l’absence de tout défraiement, puisqu’après tout une enveloppe dans un coin du coffre, ça ne prend pas tellement de place…? Si tel est le cas, eh bien c’est une bonne nouvelle.

Les solutions sont donc en deux endroits: chez l’huissier, et entre les mains des ayants-droit de Max.

3. Étant encore en possession de l’enveloppe, pourquoi l’étude Manceau avance-t-elle qu’elle est “hors-jeu” pour ce qui concerne la fin… du jeu, justement? Eh bien, tout simplement pour la raison évoquée en 2 ci-dessus: garder une enveloppe dans un coin, passe encore, mais avant d’accomplir de plus amples diligences, quelles qu’elles soient, relativement à la fin d’un jeu dont on peut, en plus, pressentir qu’elle n’ira pas sans certaines complications, avant tout cela donc, il faudrait d’abord parler honoraires, avec, probablement, une partie substantielle à verser d’avance.

Telle est me semble-t-il la raison, bien humaine après tout, pour laquelle l’étude Manceau se prétend “hors-jeu”, “plus rien à voir avec tout ça”, etc. Faites briller les euros, et vous verrez que ces huissiers seront tout de suite prêts à assumer de nouveau les tâches qu’on leur confie habituellement dans le cadre des jeux-concours. Ils voudront bien travailler, mais plus pour du beurre, et qui pourrait les en blâmer?

J’espère que c’est maintenant plus clair pour tout le monde, mais avouez qu’il n’y a là-dedans rien que d’habiles déchiffreurs d’énigmes ne pouvaient comprendre par eux-mêmes…

S’agiter pour exister

•4 octobre 2011 • 23 Commentaires

On pensait (voir mon précédent article « Calomnies automnales » sur ce blog) que Becker s’était, comme il l’affirmait sur son site, « mis au vert » (sans jeu de mots), qu’il peignait (ce qu’il fait de mieux) et qu’on allait donc être dispensé de lire sa prose pendant quelques mois.

C’était, hélas ! mal connaître le besoin d’attention qu’éprouve le bonhomme.

Devenu accro du forum, il en lit apparemment tous les messages, peut-être faute de pouvoir mieux occuper son temps, puisque celui auquel il a répondu ne faisait même pas mention de lui dans son intitulé. Toujours est-il qu’il est intervenu inopinément le 1er octobre pour dire deux choses :

(1) Le jeu de la Chouette d’Or est « mort depuis plusieurs années », « les dés sont pipés », tout ça c’est la faute du méchant Max que personne ne veut remettre en cause, etc., etc., le tout sur le fond (habituel) des « dérives sectaires de l’A2CO ». Ce n’est pas nouveau, ce n’est pas sérieux non plus, mais il ne prend pas de risque car chacun sait qu’il y a longtemps que le ridicule ne tue plus ;

(2) Plus sérieusement, en réponse à un chouetteur,  Becker affirme qu’il a « l’intention et les moyens de retirer le lot du jeu ».

Moi qui ne lis plus le forum, ai été alerté encore une fois par un chouetteur qui me demande ce que je pense de cette déclaration. Eh bien voici :

Becker a toujours essayé de « tuer » ce jeu extraordinaire, faute d’y avoir été suffisamment associé à son goût (il aurait bien voulu la gloire des projecteurs, qui l’aurait peut-être aidé à vendre quelques toiles, mais pas les servitudes ni les milliers d’heures de travail qui allaient avec). Du vivant de Max, il n’osait ni ne pouvait trop rien dire ni rien faire, et donc, les chouetteurs ignoraient tout cela. De ce fait, ils gardaient à Becker une estime que ce dernier n’imaginait pas et qu’il découvrit (avec une stupeur non feinte en voyant l’ampleur du fan-club) à la fête des Dix Ans à Bourges. Pour « Max par procuration » ou « substitut de Max » qu’il ait alors été, sa présence fut cependant une joie pour tous, et sa popularité une divine surprise pour lui-même.

Cependant, il ne cessait pas d’en vouloir à Max (il lui en voulait même d’autant plus qu’à Bourges, il avait, un moment, goûté de nouveau à « la lumière des projecteurs » sans encourir la moindre charge de travail supplémentaire) et, lorsque Max eut disparu, il n’eut de cesse :

(a) soit de reprendre pour lui-même le contrôle du jeu, avec mise en possession des solutions et liberté pour lui de diffuser des I.S. pour, comme il le dit, « gérer le jeu », c’est-à-dire accélérer artificiellement la découverte de la contremarque ;

(b) soit, faute de réussir le (a), de tuer le jeu en tentant de le décrédibiliser dans l’espoir d’en dégoûter les chouetteurs —en l’occurrence, il montrait seulement qu’il les connaissait bien mal.

Pour autant, quand on voit le succès de ses propres tentatives en matière de chasses au trésor ludiques, on tremble d’effroi à la perspective de recevoir de sa part une ou plusieurs I.S. concernant la Chouette. Auteur de chasses au trésor, cela ne s’improvise pas.

Aujourd’hui, plane donc sur la Chouette d’Or la menace de la disparition du lot, soit que Becker le conserve par caprice de sale gosse et/ou par jalousie post mortem envers Max, soit qu’il le vende (aux enchères ? ce serait un comble) pour renflouer une trésorerie visiblement en berne —je le dis avec d’autant plus de liberté que, je le répète, je trouve, personnellement, qu’il a du talent, mais ce n’est visiblement pas l’avis du marché de l’art.

Bon. Et alors ?

D’abord, on ne saurait se faire justice à soi-même : la Chouette d’Or a été affectée comme lot de la chasse au trésor du même nom, et en dépit des quelques fausses rumeurs et autres calomnies répandues par quelques uns, rien, absolument rien, ne démontre que le jeu se trouve compromis d’une quelconque manière dans l’un de ses éléments essentiels : les solutions n’ont pas été divulguées, la contremarque est en place. On peut toujours affirmer le contraire, c’est du même tonneau que ceux qui jurent que les astronautes ne sont jamais allés sur la Lune et que les photos sont truquées.

Donc, Becker n’a PAS LE DROIT d’empêcher l’éventuel découvreur d’entrer en possession du lot. S’il le faisait, il encourrait une responsabilité civile à hauteur du préjudice concerné, et aucun tribunal n’hésiterait à le condamner, soit à restituer la Chouette d’Or, soit à indemniser le gagnant.

Ensuite, à ma connaissance, les chouetteurs qui ne participent au jeu que dans le seul espoir de monnayer un jour une Chouette d’Or dont la véritable valeur est d’ailleurs douteuse, sont fort peu nombreux. L’immense majorité affirme que « le bronze a davantage de valeur à leurs yeux », et personnellement je suis prêt à parier que si l’on annonçait un jour que la Chouette d’Or a été kidnappée par des extra-terrestres et qu’on n’a plus aucun espoir de la revoir en vie, eh bien il n’y en aurait pas beaucoup qui abandonneraient la quête, tant l’objectif pour chacun est bien « le bronze sur ma cheminée » !

Mon avis est donc qu’en l’état, rien n’empêche que le jeu se poursuive. Les chouetteurs ont eu la chance que Becker existe, en 1992, pour financer le lot (rappelons que la peinture des tableaux ne fut qu’un fait ajouté, les énigmes n’ayant besoin d’aucun visuel au départ)… et les chouetteurs ont le malheur que Becker soit Becker, avec ses humeurs changeantes, ses envies d’être une star et son besoin d’exister, fut-ce à leurs dépens.

Il reste qu’au bout des énigmes, la contremarque est là, qui attend depuis tant d’années…

Calomnies automnales…

•13 septembre 2011 • 35 Commentaires

Alerté par plusieurs chouetteurs, j’ai pris connaissance du “communiqué du 9 septembre 2011″ émanant de Michel Becker.

J’ai pris comme tout le monde aura pris bonne note des faits suivants:

a. Becker ne revendique pas la qualité d’«organisateur» du jeu;

b. Becker affirme qu’il ne “connaît pas les solutions”, ce qui n’est pas inutile après les multiples spéculations qui ont été faites à son endroit sur ce sujet depuis le décès de Max.

Pour le reste, ce qu’écrit Becker correspond à ce que je savais, à peu de choses près (quelques détails de chronologie, peut-être), le résultat étant qu’aujourd’hui, l’enveloppe contenant les solutions (qui fut jadis chez l’huissier) et le livre des solutions (qui n’y fut jamais) sont à l’abri dans un coffre, sous la responsabilité du représentant des héritiers de Max. Tout juste peut-on préciser que le “livre des solutions” n’est pas un “livre” au sens habituel du terme, mais plutôt un fichier informatique (en fait, plusieurs fichiers informatiques) que n’importe quel imprimeur pourrait utiliser pour en faire un livre.

Quant à la déclaration de Becker cherchant à impliquer Phil d’Euck pour laisser penser que, bien que ne connaissant pas les solutions, ce dernier serait en mesure de les reconstituer, ou d’en reconstituer la partie essentielle conduisant à la cache, il s’agit d’une insinuation qui est bien dans la manière du “co-auteur” et à laquelle il convient de n’attacher aucune importance.

Ayant ainsi pris son élan, Becker poursuit dans son registre familier du genre “je dis, tout en ne disant pas, mais en disant un peu quand même…”. Ceux qui le connaissent savent à quoi s’en tenir: selon la maxime qu’il tente souvent de mettre en pratique, à savoir “diviser pour (essayer de) régner” —et salissons encore un peu au passage la mémoire du défunt si nous le pouvons—, Becker insinue que Max aurait pu déterrer la contremarque afin qu’elle ne soit pas trouvée pendant la période où la Chouette d’Or était indisponible, entre les mains du liquidateur Legras. Or, pour en avoir débattu à plusieurs reprises avec Max pendant cette période, je tiens à réfuter de la manière la plus formelle et la plus énergique cette insinuation mensongère; je me suis déjà expliqué, au contraire, sur le soin qu’avait pris Max pour vérifier l’état de la contremarque et refaire intégralement son emballage avant de la replacer dans la cache.

Quand aux chouetteurs affirmant “j’ai creusé au bon endroit, mais la contremarque n’y était plus”, ce refrain (entonné de bonne ou de mauvaise foi) est tellement éculé qu’il ne mérite pas qu’on s’y attarde davantage, comme tous les gens sérieux le savent.

Enfin, si par impossible Max avait déterré la contremarque pendant le temps de la procédure judiciaire (j’ai mal rien que d’écrire une chose pareille, tant cela est radicalement contraire au sens moral et à l’honnêteté intellectuelle dont mon ami Max a toujours fait preuve), qu’est-ce qui aurait empêché qu’il aille ensuite l’enterrer de nouveau, ou bien qu’il demande au “représentant familial” que j’ai évoqué plus haut, de le faire pour lui? Tout cela, à l’évidence, n’a pas de sens: il est évident au contraire que la contremarque est là où elle a toujours été, à l’exception des quelques heures durant lesquelles Max l’a sortie de son trou pour en refaire l’emballage… et, probablement, actualiser à 10 chiffres le numéro de téléphone à appeler!

Que dire pour conclure? Becker se réfère au “secret absolu exigé dans les contrats initiaux”, lequel n’aurait “pas été respecté”. Mais justement, il n’y avait pas de “contrats initiaux” (j’ai vu ce qui en tenait lieu, et j’en ai copie), et c’est d’ailleurs bien en cette matière que les deux “co-auteurs” (si l’on veut la gloire, il faut aussi accepter la responsabilité) ont péché: pas ou mal conseillés juridiquement dans un domaine ludique nouveau, ils n’ont, c’est vrai, pas pris toutes les précautions qui auraient été nécessaires. D’un autre côté, personne ne pouvait non plus prévoir que la chasse se prolongerait au-delà de toute durée raisonnable…

En revanche, que Max n’ait pas pris les dispositions “pour assurer la pérennité du jeu” est parfaitement faux: lorsque, pour des raisons qui lui appartiennent, et qui étaient peut-être financières, la garde de l’enveloppe des solutions n’a plus été assurée par l’huissier, Max a justement fait ce qu’il fallait, compte tenu des circonstances, pour en assurer la préservation dans les conditions les meilleures (ou les moins mauvaises) possibles. D’ailleurs, à ce jour, tout laisse penser que la confidentialité de ces solutions a été préservée, en tous cas pour ce qui concerne la famille de Max. Non, les solutions ne sont pas “passées entre différentes mains”, et non, aucune fuite ne s’est “produite dans l’environnement professionnel et familial de l’auteur des énigmes”. Tout cela n’est que calomnie, et si fuites il a pu y avoir, ce serait bien davantage du côté de Becker qu’elles se seraient produites, et seulement sur le cahier des charges, pas sur les solutions. Heureusement, Max était méfiant, et les précautions prises il y a bientôt 20 ans pour brouiller les pistes se sont avérées efficaces puisque la contremarque est toujours à sa place.

Plutôt que d’invoquer divers et hypothétiques “accords contractuels” sur lesquels il se garde bien d’être plus précis, plutôt que de jeter le doute sur la situation de la contremarque, Becker ferait mieux de s’expliquer clairement sur le seul point qui, à ce jour, devrait préoccuper les chouetteurs: où est la Chouette d’Or? Qu’en a-t-il fait après l’avoir récupérée des mains du liquidateur Legras après l’arrêt de la Cour de Versailles? Et quelles mesures a-t-il prises pour que cet objet, dont il s’est irrévocablement dépossédé pour l’affecter à la dotation du jeu, soit effectivement et matériellement disponible pour le futur gagnant?

Plutôt que de tenter de noyer le poisson en rejetant sur d’autres la reponsabilité de comportements imaginaires qu’il vient juste d’inventer, Becker devrait s’expliquer clairement (il a toujours du mal à faire cela, préférant naviguer entre deux eaux) sur ce qu’il entend:

.par “il est impossible que le jeu puisse se poursuivre”: comment peut-on décréter qu’un jeu dont on n’est pas l’organisateur doit s’arrêter?

. par “je ne peux pas continuer à cautionner le jeu”: personne ne le lui demande puisqu’il ne fait pas partie des organisateurs;

. et par “je ne peux pas continuer à doter le jeu”: s’il annonçait qu’il entend retirer la Chouette d’Or du jeu, et que ce dernier se trouve donc officiellement dépourvu de lot, je pense qu’alors l’A2CO aurait toutes facilités pour agir en justice… et même probablement au pénal.

En résumé, j’ai tendance à dire que cette année, c’est l’automne qui nous a apporté la “beckererie” annuelle; il est content, on va parler de lui pendant quelques semaines, puis le jeu reprendra son cours comme à l’habitude. Ce communiqué est un non-événement dont le forum bruissera un moment et qui aura au moins l’intérêt de distraire les chouetteurs de leur quotidien monotone… mais, hélas! pour de mauvaises raisons.

Monglane

P.S. du 14 septembre 2011:
Je viens d’être informé que les deux “communiqués” publiés par Michel Becker sur son site internet en date des 9 et 13 septembre, et dont il a été question dans l’article ci-dessus, ainsi que dans le premier commentaire ci-dessous, ont désormais disparu. J’en prends acte.
D’ailleurs, il semble que ce soit l’entière présence de Michel becker sur internet qui ait disparu, puisque son site http://www.michelbecker.com/ ne comporte plus qu’une seule page disant «Je me suis mis au vert, je peins. À bientôt.» —ce qui nous permet de confirmer au passage de la disparition de toutes les pages de ce site ne résulte pas d’une fausse manœuvre.
S’il y a bien une chose que je n’ai jamais mise en doute, c’est le talent de Becker quand il a un pinceau en main. Je me réjouis donc de ce retour à son «cœur de métier»!
Si ceux qui ont pensé à faire des copies d’écran des deux textes de Becker peuvent me les faire parvenir pour mes archives, je les en remercie par avance.

Nouvel éclairage sur le rôle et l’importance des visuels dans la Chouette d’Or (II)

•18 novembre 2010 • 14 Commentaires
Tiens, à propos de visuels qui atténuent la sécheresse du texte, d’abord, une devinette : quand on est à Biarritz pour faire des photos de surf, et que la mer Cantabrique est plate comme le lac de Genève, que fait-on pour s’occuper ? Eh bien, une excursion à Roncevaux, évidemment ! Et on en rapporte quelques images…

Sur la route du col de Roncevaux — En octobre, quand on monte à Roncevaux, on a la montagne pour soi seul, et avec un peu d'imagination,on peut encore percevoir les lointains échos du fracas des armes et des lourdes armures...

 

La route de Roncevaux

 

L’église du col de Roncevaux — Humble chapelle, plutôt qu’église, d’ailleurs...

Les croix du col de Roncevaux, plantées dans un petit tertre derrière la chapelle par les pèlerins de Compostelle qui empruntent cette voie.

La massive stèle de pierre brute gravée du nom de «Roldan» (Roland, en espagnol), et des dates 778 (vous connaissez) et 1967, date à laquelle cette sorte de menhir commémoratif fut érigé.

Voici tout ce qui rese du système de fixation qui, lors de la mise en place de la stèle, retenait le simulacre d'épée, hommage à Durandal.

Ces pierres taillées qui, au jugé, n'ont guère plus de quelques dizaines d'années, formaient probablement une sorte de périmètre arrondi, de margelle autour de la stèle. Quand, comment et pourquoi ont-elles été ainsi dispersées ? Comme tous les lieux très symboliques, Roncevaux a eu son lot de vandales et de pillards...

Ensuite, pour répondre à quelques unes des réactions pertinentes (je ne parle pas des autres, qui ne méritent pas qu’on y perde du temps) auxquelles mon précédent article a donné lieu sur le forum du site lachouette.net, je souhaite apporter les éléments suivants :

1er point :
Ce madit a été cité par un chouetteur :

QUESTION No 30 DU 1998-08-31TITRE: Q1
EST CE QUE CHAQUE VISUEL DOIT OBLIGATOIR EMENT APPORTE UN ELEMENT DE REPONSE INDI SPENSABLE A LA SOLUTION DE L’ENIGME S’Y RAPPORTANT ? MERCI MELODIEOUI.
==========================
AU MOINS CA ! AMITIES — MAX

La réponse de Max ne veut pas dire que le visuel est **le seul endroit** où cet élément indispensable peut être trouvé. Le texte de l’énigme (y compris le titre) peut également l’apporter. On en revient aux doublons déjà signalés.

2e point :
Autre madit cité :

LA SEULE CHOSE QUE JE PUISSE DIRE AU SUJET DES VISUELS, C’EST QUE SANS EUX, LA CHOUETTE EST INTROUVABLE.

Max prend ici les visuels collectivement, comme un ensemble d’éléments indissociables. Vu ainsi, il a bien sûr raison. Pris dans leur ensemble, les visuels contiennent des éléments indispensables pour trouver la Chouette. Par exemple, sans la boussole du visuel 780, pas moyen de connaître la mesure… encore que, dans les énigmes suivantes, en “testant” plusieurs valeurs typiques (dont le pied métrique), on devrait bien s’apercevoir qu’une seule de ces valeurs tombe juste… mais cela rendrait les choses nettement plus difficiles. Je peux bien imaginer cependant que la 780 est une des énigmes qui ont été “retouchées” par Max, et que cette retouche a consisté dans le fait de sortir du texte l’indice relatif à la mesure qui s’y trouvait au départ, pour le remplacer par ce magnifique et élégant élément visuel qu’est la boussole. Max ne disait-il pas que c’était de la 780 qu’il était le plus fier ? Telle pourrait bien est la raison de cette fierté, avoir réussi à convertir ce qui était sûrement un très astucieux indice écrit, en un indice visuel qui l’est tout autant.

De plus et surtout, il y a probablement dans les visuels illustrant les énigmes de la 2e moitié du jeu des éléments, eux aussi indispensables, mais dont on n’a pas encore compris la nature exacte, ni la portée puisque ces énigmes (prises globalement : titre, texte, visuel) sont encore très mystérieuses.

Cela étant, que les visuels, dans leur ensemble, contiennent des éléments indispensables pour trouver la Chouette, ne signifie pas que tous les visuels en contiennent, ni même qu’ils sont les seuls à contenir ces éléments indispensables ! Les énigmes peuvent, elles aussi, contenir les mêmes, sous une formé différente. Encore une fois, il faut raisonner logiquement, sans se laisser embarquer sur les “autoroutes” de la pensée pré-formatée.

3e point :
Certains accusent l’auteur, avec des mots si forts qu’ils en deviennent peu crédibles (j’ai lu “trahison” et “forfaiture”, mais je pense que celui qui les a prononcés, et que je connais, admettra, une fois l’émotion initiale —qui n’avait pas lieu d’être— digérée, qu’ils ont dépassé sa pensée), d’avoir cédé à des sirènes matérialistes. D’abord, je ne vois pas très bien lesquelles, l’auteur, on le sait, ayant surtout gagné dans tout cela des milliers d’heures d’un travail très astreignant, rivé à son minitel, et ne s’étant, hélas ! pour lui, visiblement pas enrichi puisqu’il a dû faire appel à l’aide judiciaire pour se payer un avocat dans le procès contre le liquidateur.

Ensuite, que reproche-t-on à Max exactement ? D’avoir cherché un sponsor pour financer la chasse ? Mais sans cela, il n’y aurait pas eu de jeu du tout ! D’avoir cédé à la pression du sponsor qui proposait de (ou “insistait pour”, je n’en sais rien, Max ne me l’a pas précisé) peindre une dizaine de tableaux originaux pour illustrer les énigmes ? Mais ces tableaux, ils allaient quand même représenter un véritable “plus” pour le jeu, le rendre plus attractif visuellement, et même plus ludique, non ? Pourquoi donc refuser ? Certes, c’était du dérangement, il allait peut-être falloir faire quelques concessions par rapport à l’impeccable rigueur intellectuelle des seuls textes des énigmes (j’y inclus les titres), certes cela allait engendrer des redites et des doublons, mais dans l’ensemble, la chasse y gagnait à l’évidence.

De même, lorsque le chouetteur qui a parlé de “forfaiture” écrit “Donc Max nous trompait quand il disait que la chouette était introuvable sans les visuels”, c’est lui qui se trompe : à l’origine, quand les énigmes n’étaient qu’un dossier dans le bureau de Max, la Chouette était évidemment trouvable (virtuellement, puisque la contremarque n’était pas encore enterrée) sans les visuels puisque ceux-ci n’existaient pas, et que Max n’avait jamais pensé qu’ils pourraient exister un jour. En revanche, dès l’instant où cette existence s’est avérée, les “transferts d’indices” réalisés par Max des textes vers les visuels ont rendu ceux-ci indispensables, au moins pour certains : il n’y a aucune incompatibilité entre ce qui était vrai “avant”, et ce qui est devenu vrai “après”, et il n’y a aucune tromperie puisqu’il n’a jamais été demandé aux chouetteurs de se confronter à l’«avant».

En résumé, je comprends mal comment mon article précédent a pu être à ce point une révélation pour certains chouetteurs. JPL a été à peu près le seul (ainsi que Pompon, sur ce blog) à confirmer ce que j’écrivais, à savoir que n’importe quel chercheur aurait déjà pu (voire dû) arriver par lui-même aux mêmes conclusions. Pourtant, tout le monde sait que les énigmes existaient depuis des années lorsque le livre a été publié, et tout le monde sait aussi qu’avant cette publication, les énigmes ont été simplement “retouchées”. S’étonner des informations que je donne, ce serait donc supposer que, dès le départ, Max savait qu’il allait faire équipe avec quelqu’un capable de réaliser un visuel pour illustrer chaque énigme… Mais si c’était le cas, pourquoi ne pas s’en être préoccupé avant ? Pourquoi avoir proposé le dossier à tous les éditeurs de Paris **sans ces fameux visuels**, s’ils avaient bien été prévus dès le départ ? C’était se priver d’un élément attractif essentiel !

Or donc, si Max s’en est privé pendant toutes ces années où il a essayé de “vendre” son projet sans succès, c’est bien parce que l’idée ne lui était jamais venue qu’il y aurait un jour des visuels, bien sûr ! Pour autant, les énigmes étaient écrites, complètes, prêtes à être publiées. Et donc, lorsque les visuels se sont profilés à l’horizon, il a bien fallu, comme je l’écrivais, leur “faire de la place”, autrement dit leur donner un intérêt, une raison d’être, et donc procéder par vases communicants entre le contenu des textes (ou de certains textes) et celui des tableaux.

D’où les “retouches”.

Plus j’y pense, plus je me dis que tout cela est d’une telle évidence que j’en viens à douter du niveau d’avancement de ceux que cela surprend à ce point.

Et à propos de choses qui sont (ou devraient être) évidentes, je publierai un de ces jours un autre billet concernant une confidence de Max (qui ne donne aucune avantage à personne, rassurez-vous) assez ébouriffante, et pourtant d’une grande logique, et qui témoigne au passage de l’intégrité et de la totale honnêteté intellectuelle de notre grand ami disparu.

P.S.: quant au fait que j’ai écrit mon précédent article au moment où certains tentaient pour la énième fois d’obtenir la publication du cahier des charges de Max à Becker, c’est à la fois une coïncidence, et pas une coïncidence. Coïncidence, parce que le texte de cet article était prêt depuis longtemps, et pas coïncidence parce que, ayant été alerté par un ami chouetteur quant au contenu récent du forum, j’ai souhaité apporter ma contribution au débat, une pierre qui était toute prête à être utilisée, pour dire “n’imaginez pas que vous trouveriez dans ce cahier des charges monts et merveilles!” Voilà tout.

Nouvel éclairage sur le rôle et l’importance des visuels dans la Chouette d’Or

•17 novembre 2010 • 9 Commentaires

L’une des originalités de la Chouette d’Or est d’associer, dans une même énigme, un texte (y compris son titre) et un “visuel”, en l’occurrence la reproduction d’un tableau peint par Michel Becker, par ailleur sculpteur et créateur des statuettes de la Chouette : les deux en bronze qui subsistent aujourd’hui (dont celle qui fait office de contremarque et est enterrée), et celle en or et argent.

Cette formule, consistant à associer des éléments textuels et des éléments graphiques, sous une forme ou une autre, a été reprise par Max Valentin lui-même dans d’autres chasses, ainsi que par de nombreux autres auteurs, et il est indéniable que les visuels atténuent ce qui pourrait être perçu comme la “sécheresse” du seul texte, tout en fournissant une manière originale de mettre littéralement “sous les yeux” des chercheurs des informations directement ou indirectement utiles, voire destinées à faire diversion.

Cela étant, lorsque les éléments graphiques sont des reproductions de tableaux, la “patte” du peintre, sa manière, introduisent des éléments potentiellement perturbateurs : telle succession de points jaunes n’est-elle qu’une “pétouille” caractéristique de la façon qu’a le peintre de symboliser le rayonnement du soleil, ou s’agit-il au contraire d’un code ? Tel trait exagérément accentué n’est-il qu’une manière de figurer une ombre, ou a-t-il une autre signification, non pas artistique, mais symbolique, et à décrypter par le chercheur ?

Quand, en plus, l’auteur des tableaux n’est pas l’auteur des énigmes, mais un tiers qui devait continuer à tout ignorer des vraies solutions, un tiers à qui l’auteur des énigmes a donc dû, pour dissimuler la vérité, demander d’inclure dans ses œuvres un certain nombre d’éléments qui n’ont aucun intérêt pour le chercheur et ne sont là que pour “faire nombre”… et quand, au surplus, ces mêmes éléments inutiles sont affectés eux aussi de la même “patte” d’artiste troublant parfois la compréhension de l’ensemble… on comprend que les variables deviennent trop nombreuses pour pouvoir être raisonnablement gérées par les participants au jeu.

Ce genre de perturbation a, dès l’origine, miné le jeu de la Chouette d’Or, et Max en était tellement conscient que, tout en conservant l’idée ludique d’un visuel pour sa deuxième grande chasse, Le Trésor d’Orval, il a choisi l’option diamétralement opposée d’un visuel hyperréaliste sur le contenu et l’interprétation duquel il ne pouvait y avoir aucun doute. Pour éliminer totalement toute interprétation fallacieuse ou trompeuse de ce visuel, il en avait par ailleurs fait une description textuelle exhaustive, précisant in expressis verbis qu’il ne fallait rien chercher ni “voir” de plus dans ce visuel que les éléments décrits dans son texte d’accompagnement.

Lors d’une de nos “causeries du soir”, face à la haute fûtaie de la forêt de Bois-d’Arcy, la conversation s’était portée sur le caractère facilement trompeur des visuels de Becker et des interprétations divergentes que, de bonne foi, chacun pouvait en faire. Max m’avait alors confié (et c’est un élément qui intéressera sans doute celles et ceux qui cherchent encore la Chouette) que, lorsqu’il disait à qui voulait l’entendre que la principale raison pour laquelle la contremarque n’était pas encore trouvée, c’étaient les fausses pistes, il avait surtout en tête (s’agissant des fausses pistes générées par les chercheurs, mais sans pouvoir le préciser) celles induites par les tableaux.

“Si tu te reportes à l’époque où j’avais les énigmes dans mon tiroir depuis plusieurs années, me disait Max, tu t’imagines bien que ça faisait un bail que je cherchais un sponsor pour financer le lot ! J’ai dû faire tous les éditeurs de la place avec mon projet sous le bras, et chou blanc partout. Mon erreur, je le sais maintenant, avait été justement de ne démarcher que des éditeurs, plus attirés par la rentabilité immédiate d’un gros tirage que par la “campagne d’image” à plus long terme [Note de Monglane : le pauvre Max ne croyait, hélas ! pas si bien dire] associée à une opération comme la Chouette, avec un financement immobilisé et des modalités totalement étrangères au métier d’éditeur. Si je m’étais adressé à des sociétés, ou à des collectivités comme je l’ai fait ensuite avec Phil, la mayonnaise aurait sûrement pris beaucoup plus vite. Mais quoi qu’il en soit, le projet était en stand-by lorsque, un jour, on me présente Becker à l’occasion d’une soirée chez des amis. C’est un artiste, donc il est forcément sensible au merveilleux, et par chance, il se passionne pour les trésors ! Presque sur-le-champ, il a été d’accord pour fabriquer le lot, puis le financer, à hauteur de 200 ou 300.000 francs [Note de Monglane : environ 30 à 45.000 euros], après que de nouvelles démarches auprès d’éventuels financeurs se furent révélées infructueuses.”

Tout cela, c’est de l’histoire déjà connue. Puis, Max poursuit : “Là où ça a commencé à déraper, c’est que la discipline artistique favorite de Becker, celle dans laquelle il espérait à l’époque faitre carrière, c’était la peinture, pas la sculpture. Aussi m-a-t-il très vite proposé de peindre des toiles originales pour illustrer chacune de mes énigmes. Alors, tu penses bien, autant je m’en fichais qu’il choisisse de sculpter une chouette plutôt qu’une musaraigne, autant cette histoire de tableaux bousculait mon projet de départ ! Mais comme il allait être le sponsor et avoir la qualité de co-auteur, il a bien fallu lui faire de la place…”

Là, on comprend mieux à quel point le contenu des tableaux (par ailleurs remarquable sur le plan pictural) a pu créer d’interférences : à l’origine, le contenu, le découpage et l’articulation des énigmes étaient conçus pour fonctionner sans le moindre élément visuel. Venaient s’y ajouter, à la dernière minute, non pas un unique élément visuel comme dans Orval, mais autant de tableaux que d’énigmes…! Qu’allait-on bien pouvoir mettre dans ces tableaux, qui n’était pas déjà dans les textes ? Il ne faut pas chercher plus loin la raison et l’ampleur de l’essentiel des “retouches” apportées par Max aux énigmes pour leur donner la forme que l’on connaît aujourd’hui : il fallait “faire de la place” pour les éléments qui allaient prendre place dans les tableaux.

Pour autant, Max n’avait évidemment pas l’intention de tout chambouler : “D’ailleurs, poursuivit-il, il aurait été trop tard pour le faire, puisque la date-cible pour la publication approchait à grands pas : il ne fallait pas louper le printemps, capital pour assurer le démarrage avant la période estivale indispensable au bon lancement d’une chasse au trésor. L’éditeur, je n’avais plus eu de mal à le trouver, puisqu’une fois le volet financier bouclé, l’affaire redevenait un projet d’édition classique. J’ai donc marginalement retouché les énigmes, et donné à Becker un cahier des charges qui, outre une foule de red herrings visant à noyer le poisson [rire de Max qui aimait bien les calembours mulitlingues], comportait des éléments dont certains doublonnaient forcément avec certains éléments des textes. Il n’était plus temps de tout bouleverser, et de toutes façons je n’y étais pas prêt, car les énigmes me plaisaient telles qu’elles étaient.”

Nous avons donc ici un éclairage nouveau : au départ, le chasse était conçue sans visuels —logique, Max n’ayant pas ce talent-là. Le sponsor devait être un simple apporteur de fonds. Or, le sponsor s’est avéré être capable, plutôt que de simplement poser des espèces sonnantes et trébuchantes sur la table, de sculpter un lot unique et désireux, de surcroît, de peindre des tableaux, eux aussi originaux, ce qui donnait certainement un “plus” artistique au jeu, mais compliquait beaucoup la tâche du concepteur, qui n’avait jamais prévu d’espace supplémentaire où disséminer des indices autres que ceux figurant dans les énigmes !

L’on comprend maintenant mieux, peut-être, pourquoi certains tableaux semblent ne pas ajouter grand-chose à l’énigme qu’ils accompagnent… Je veux bien parier qu’une fois les solutions connues, l’on verra que c’est d’ailleurs le cas pour la quasi-totalité d’entre eux.

Au moment où certains tentent de se donner la vedette en évoquant une possible publication du cahier des charges écrit par Max à l’intention de Becker (publication qui serait évidemment totalement contraire aux volontés de Max, et qu’on n’aurait jamais osé réaliser de son vivant), il n’était peut-être pas inutile de révéler quelques informations sur le contexte qui régnait lors de l’écriture de ce document, et qui en relativise la portée —informations que certains chercheurs tant soit peu perspicaces possédaient déjà sûrement, moyennant un minimum de réflexion. Contrairement à ce qu’espèrent ouvertement certains chouetteurs, le cahier des charges ne sera pas, ne pourra pas être, une sorte d’I.S. post mortem, mais simplement un descriptif, en mots, de ce que l’on voit sur les tableaux, ni plus ni moins. Éléments utiles, éléments inutiles, tous décrits de la même manière, sans que personne puisse trier le bon grain sans avoir auparavant décrypté les énigmes. Ce serait un peu comme si cette “nouvelle I.S.” vous disait : “Ça s’est passé en 778. Ou pas.” On serait bien avancé.

Questions d’un chouetteur

•3 mai 2010 • 25 Commentaires

Il y a quelques jours, j’ai reçu d’un chouetteur une série de questions comme l’on m’en pose quasiment chaque semaine —questions auxquelles je ne répondais en général pas, car j’estimais que le moment n’était pas venu d’aborder ces différents sujets. Aujourd’hui que je les ai abordés à l’occasion du premier anniversaire du décès de Max, je ne vois plus d’inconvénient à répondre, pour autant que mes réponses soient publiques, raison pour laquelle je poste ce billet avec, en italiques ci-dessous, les questions posées.

Tout ce que je vois à la lecture de tes posts, c’est que Max Valentin était prévoyant. Il n’est pas retourné pour rien réenterrer la chouette en 2003.
Euh… tactique un peu grossière pour essayer de faire confirmer que ce «ré-enterrement» se serait bien passé en 2003, chose que je n’ai jamais dite et que, bien entendu, je n’infirme ni ne confirme, selon la formule consacrée.

Tu as bien dit que Max Valentin, avant son décès, était déjà malade.
Non, je n’ai jamais dit cela. Max ne souffrait d’aucune maladie chronique dont on peut se dire, quand on en est atteint, qu’elle risque de nous emporter à échéance plus ou moins brève. Mis à part de récurrents problèmes de dos (mais qui n’en a pas ?), Max n’était affecté à ma connaissance d’aucune pathologie.

Pour moi, il a forcément envisager l’hypothèse qu’il meure avant que la chouette ne soit trouvée.
Il l’a envisagée dès 1993, puisqu’il a pris les précautions qu’il fallait à ce moment-là. Mais il l’a envisagée comme quelqu’un qui est en bonne santé envisage sa propre mort, c’est-à-dire d’une manière forcément très distanciée. Quant à ses séjours à l’hôpital avant son décès, je pense qu’il n’envisageait pas sérieusement d’issue fatale, d’abord parce que cette idée est l’une des plus difficiles à accepter pour l’être humain, et ensuite (et surtout) parce que rien ne laissait médicalement présager une telle issue : l’aggravation brutale qui l’a emporté était d’autant plus imprévue que, lorsqu’elle est survenue, il était sur le point de sortir de l’hôpital.

Donc, précautions prises en 1993, oui ; pour autant, étaient-elles toujours en vigueur en 2009, compte tenu du temps écoulé et des événements survenus entretemps ? C’est là toute la question.

Donc pour moi, l’enveloppe des solutions doit bien être quelque part.
Oui, sans aucun doute.

Moi je pensais qu’il te l’avait donnée, apparemment non mais peut-être l’a-t-il mise dans son propre coffre bancaire, çà ne tient pas beaucoup de place…
Oh ! non ! Je n’en aurais pas voulu ! Tu parles d’une responsabilité !

N’avait-il pas aussi commencé de rédiger le livre des solutions ? Car il voulait évoquer différentes anecdotes à propos de la chasse. Pour moi, il doit bien traîner quelque fichier informatique.
Non seulement il avait commencé à le rédiger, mais encore l’avait-il achevé depuis des années. Il ajoutait de temps à autre une anecdote nouvelle, retouchait un passage, mais le bouquin était à 99 % achevé. Donc, oui, le fichier informatique existe quelque part, lui aussi.

Et puis, ce personnage organisé a forcément rédigé un testament où figurent dedans certainement quelques éléments. Donc pour moi, sa famille doit en savoir plus.
Non, pas forcément. Par discrétion, je n’ai pas posé la question mais si testament il y a eu, je ne pense pas qu’il ait contenu quoi que ce soit concernant la Chouette ; je pense plutôt qu’il aurait été réservé à des dispositions strictement familiales et privées (raison pour laquelle je n’ai pas abordé le sujet).

Cela dit, il ne faut pas, je crois, voir en Max quelqu’un de si « organisé » que cela. Créatif, à l’évidence, terriblement rigoureux sur les plans éthique et moral, rigoureux aussi dans sa méticulosité, d’une immense culture et d’une grande gentillesse, oui encore, mais il n’y a rien à faire, ce n’était pas un gestionnaire (d’ailleurs, les vrais créatifs en sont rarement) ; s’il l’avait été, il aurait sans doute mieux organisé la protection de la Chouette d’Or, et ce dès le départ, au lieu de faire confiance à ceux qui l’entouraient et qui, hélas ! ne se sont pas tous montrés dignes de cette confiance.

Penses-tu, à la lumière de toutes les hypothèses de solutions que tu as entendues ou lues des différents chercheurs, ou que du moins tu es en possession, que tu serais capable de résoudre les énigmes et mettre enfin terme à cette chasse qui n’a plus lieu d’être ? Bien évidemment, par rapport à ton éthique, ce n’est pas possible, c’est pour cela que ma question est bien “estimes-tu que tu serais en mesure de le faire”.
J’ai dû réfléchir assez longtemps pour pouvoir répondre honnêtement à cette question. Je pense que oui, il me serait sans doute moins difficile qu’à un autre chouetteur de résoudre les énigmes, du fait des quelques informations supplémentaires que je possède. Je fais cette réponse car le temps passé à y réfléchir m’a conduit à réaliser que, si ces informations, considérées individuellement, ne semblent pas mener à grand-chose (et même à rien du tout), il n’en reste pas moins qu’une fois rapprochées, elles permettent peut-être (je reste très prudent), d’une part de comprendre certains mécanismes, et d’autre part de brosser un tableau à peu près exact d’une série de « possibles » —permettant donc aussi, a contrario, d’éliminer des « impossibles ».

Cela, bien sûr, ne veut pas dire que je pourrais résoudre les énigmes. Mais, en tilisant ces élémenst, cela me serait sans doute moins difficile qu’à d’autres. Pour autant, personne n’a le droit de dire du jeu de la Chouette d’Or qu’il « n’a plus lieu d’être ». Comme l’écrivait Max, « le trésor est là pour vous… ou pour l’éternité », et c’est donc de par la volonté de l’auteur que ce jeu est sans limite dans le temps. Aussi longtemps que les personnes qui pourraient un jour se substituer à Max ne trahiront pas la volonté de ce dernier, la quête de la Chouette d’Or « aura lieu d’être », même si, par ailleurs, et comme de nombreux chouetteurs, je serais moi aussi très heureux de connaître enfin les solutions !

Penses-tu, par rapport au point précédent, si tu n’estimes pas possible la découverte de la chouette par tout ce qui t’a été communiqué, que tu serais capable de créer une IS sans avoir l’absolue certitude qu’elle s’avère mais avec de grandes probabilités ?
Certainement pas. Il est impossible de concevoir une IS sans connaître au minimum les solutions de l’énigme qu’elle concerne, plus celles de toutes les précédentes s’il en existe, et probablement celles des énigmes suivantes. Donc, en dépit des éléments qui peuvent m’être connus, il est impensable que je puisse avoir la moindre compétence pour créer un nouvelle IS.

Ce qui intéresse avant tout le chercheur, c’est de savoir si les énigmes sont résolvables. Penses-tu, encore une fois à la lumière de ce qui t’a été dit, de ce que tu connais des pistes de différents chercheurs, que certains points de blocage de la chasse comme la 600 sont bel et bien résolus par des chercheurs ?
Oui, je suis convaincu que les énigmes sont parfaitement solubles. J’en veux pour preuve, non seulement le fait que les dizaines d’autres chasses créées par Max ont toutes été trouvées (pourquoi seule la Chouette serait-elle donc à part ?), mais aussi le fait (que j’ai personnellement vérifié avec ma ciste Le trésor du soldat Ryan) que les chercheurs manquent bien souvent d’astuce et ne voient pas ce qu’on leur met sous le nez ; et je pense qu’il en va de même concernant la Chouette.

Pour répondre à la deuxième question, non, les hypothèses (nombreuses !) qui m’ont été communiquées, par exemple sur la 600, ne me permettent pas de penser que cette énigme a été correctement résolue… sauf bien sûr si pour «résoudre correctement» , il suffit de trouver le décryptage primaire que tout le monde connaît, mais dans ce cas, force est de constater que personne n’a su jusqu’à présent faire un tout cohérent de ces fameux décryptages primaires.

C’est de ce genre de constat réalistico-pessimiste que je tire la conclusion, déjà exprimée dans ces colonnes, que la contremarque risque bien de n’être jamais trouvée grâce à la résolution des énigmes.

Penses tu que Becker serait en mesure de communiquer aux chercheurs les éléments que Max lui a demandé de peindre ? A priori, ce ne serait pas d’une grande aide pour les chercheurs mais ce serait peut-être un peu comme une sorte d’IS. Becker a-t-il intérêt aussi à ce que la chouette soit trouvée ?
Je ne suis pas sûr de bien interpréter, dans ce contexte, l’expression «serait en mesure». Ce qui est certain, c’est qu’une telle divulgation, en l’état, irait directement à l’encontre des instructions formelles données par Max au moment où ce cahier des charges, évidemment hautement confidentiel, fut remis à Becker. Max n’étant plus là pour se faire entendre, j’imagine qu’à défaut d’instructions réitérées de sa part, ses ayants-droit pourraient autoriser la divulgation de ce qui est, du point de vue juridique, une œuvre de l’esprit protégée par le droit d’auteur, et que l’auteur n’a pas lui-même choisi de publier de son vivant, tout au contraire.

 Cela étant, il faut bien comprendre qu’en composant ce cahier des charges, Max avait la double préoccupation de permettre à Becker de mettre dans les tableaux ce qu’il fallait qu’il y ait, tout en noyant le tout au milieu d’éléments inutiles, de telle sorte qu’aucune tricherie ne soit possible. Je me demande donc si l’éventuelle publication du cahier des charges serait vraiment une aide, ou ne ferait que contribuer à embrouiller encore davantage les chercheurs, qui n’ont pas besoin de cela.

 D’ailleurs, comme je l’ai déjà écrit, des rumeurs (évidemment non confirmées et auxquelles je ne veux pas croire) ont couru sur le fait que ce cahier aurait été divulgué à quelques chercheurs ; or, la contremarque n’a pas pour autant été découverte.

Cordialement.

Décès de Max, un an déjà…

•24 avril 2010 • 18 Commentaires

Il y a tout juste un an, Max nous quittait, et son décès créait pour le jeu de la Chouette d’Or des circonstances nouvelles dont personne n’avait jamais pensé qu’elles pourraient raisonnablement se présenter, même si elles avaient, en théorie, été imaginées et prévues. « Tout a été prévu si jamais je venais à disparaître ! », nous disait Max, mais bien sûr, personne n’imaginait que cela puisse arriver.

Quel était donc l’arsenal des mesures de protection annoncées, ou auxquelles on faisait allusion ?

D’abord, la Chouette d’Or était en sécurité dans un coffre de banque. Le jeu était doté d’un huissier de justice, Me Llouquet, dépositaire du règlement et garant de sa bonne fin, à savoir l’échange de la contremarque en bronze contre la Chouette d’Or. Quant aux solutions, afin de permettre leur publication ou de trancher tout différend éventuel dans l’hypothèse (impensable) de la disparition de la seule personne qui les connaissait (Max), elles avaient été elles aussi déposées chez l’huissier sous pli dûment scellé.

Certaines de ces rassurantes certitudes se sont effondrées, et il n’est pas sans intérêt de se demander si les autres sont encore d’actualité, ou pas.

Commençons par le lot lui-même : la Chouette d’Or. L’on sait dans quelles circonstances largement illégitimes elle fut extraite de son coffre et conservée pendant des mois par un liquidateur judiciaire qui pensait avoir mis la main sur un magot inespéré et refusait contre tout bon sens de le rendre, jusqu’à ce que la Cour d’appel de Versailles l’y contraigne. Bref, à la suite de ces déboires judiciaires (dont mon sentiment personnel est qu’ils ont joué un rôle non négligeable dans l’aggravation de l’état de santé de Max, tant toute cette affaire l’avait culpabilisé et stressé), la Chouette d’Or retourna enfin entre les mains de… mais de qui, au fait ?

La Cour d’appel « ordonne à Maître Legras de Grandcourt, ès-qualités, de restituer la Chouette d’Or à Monsieur Becker en la remettant, dans le mois de la signification de l’arrêt, à Maître Manceau, huissier de justice dépositaire du règlement du jeu dont la statuette est le lot ».

On avouera que cela n’est pas très clair. Si la Cour veut ordonner la remise de la Chouette à Becker, pourquoi diable faire intervenir Me Manceau, dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle a fait tous les efforts possibles pour se tenir soigneusement à distance pendant toutes les procédures, en refusant d’accorder la moindre assistance ? Pourquoi ne pas ordonner la remise directe ? Ou bien est-ce que la Cour veut dire que le liquidateur Legras doit rendre la Chouette à Becker, mais que l’oiseau doit, en pratique, rester en possession (« possession » n’équivaut pas systématiquement à « propriété ») de l’huissier ?

La lecture des attendus de l’arrêt n’est pas beaucoup plus explicite : «qu’il convient dès lors de faire droit à la demande de revendication de Monsieur Becker, en précisant que Maître Legras de Grandcourt, ès-qualités, devra remettre la Chouette d’Or entre les mains de Maître Manceau, huissier de justice».

Alors, Becker ou l’huissier ?

Une chose est claire, cependant : Maître Manceau n’allait pas accepter de se charger de manière durable de la conservation du lot (et surtout d’un lot aussi encombrant) sans une adéquation compensation financière que, probablement, Becker n’avait aucune envie de payer, souhaitant sans doute que la Chouette soit géographiquement beaucoup plus proche de chez lui, qui demeure au fin fond de la Corrèze. Au pire, un huissier corrézien ferait l’affaire, s’il le fallait vraiment.

Au final, et à ce jour, il reste que :

  • personne ne sait si le liquidateur a véritablement rendu la Chouette d’Or, à qui il l’a rendue et quand, et entre quelles mains elle se trouve à ce jour ;
  • à supposer qu’elle ait, via Manceau ou pas, atterri entre les mains de Becker, personne ne sait si la Chouette est conservée à son domicile, et dans quelles conditions de sécurité, ou si elle est effectivement chez un huissier (lequel ?) ou dans une banque, Becker s’abstenant soigneusement, à dessein, de communiquer sur le sujet —de même que sur tout autre sujet, les chouetteurs apprécieront.

Cette incertitude sur la disponibilité du lot ne semble pas inquiéter grand-monde. J’ai connu les chouetteurs plus fébriles, mais après tout, c’est à eux de voir ce qu’il convient de faire… À cet égard, le fait que, hélas ! la protection juridique et technique de la Chouette n’ait pas toujours été assurée comme elle l’aurait dû dans le passé, n’est pas une excuse pour demeurer sous la moyenne dans ce domaine, y compris en termes de communication.

Le second élément d’incertitude causé par la disparition de Max concerne, bien sûr, les solutions des énigmes.

De tous temps, il a été entendu qu’elles avaient été déposées chez Me Llouquet en 1993, et je ne doute pas que cela ait en effet été le cas. Cependant, les années passant au-delà de toute prévision raisonnable, en a-t-il toujours bien été ainsi ? L’on sait par exemple que, lorsqu’il a été ouvert sur la requête du liquidateur, le coffre-fort de la banque San Paolo (aujourd’hui Banque Palatine) de l’avenue Hoche n’était plus payé depuis des mois, voire même des années (j’ai l’information exacte quelque part dans mon dossier). D’autre part, il est de notoriété publique que, pour se faire assister dans le cadre des procédures judiciaires, Max avait dû avoir recours à l’aide judiciaire, faculté évidemment réservée aux personnes aux revenus très minces, et qui ne permet pas toujours de bénéficier des conseils des avocats… disons, les plus qualifiés. C’est donc peu dire que ses moyens financiers étaient réduits, à des années-lumière du personnage repu de redevances Minitel que certaines mauvaises langues ignorantes se complaisaient à dépeindre.

Dans ce contexte, se serait-il pu que, une fois l’étude Llouquet passée entre les mains de Me Manceau, les notes d’honoraires très probablement envoyées à intervalles réguliers en rémunération, à la fois de la conservation des solutions, mais aussi de la gestion des nombreux courriers et autres appels téléphoniques de chercheurs, soient à partir d’un certain moment restées impayées, sachant que par ailleurs, Max devait assumer les coûts de fonctionnement du jeu des cistes ?

 Est-il imaginable qu’à partir de ce moment, Me Manceau ait refusé de continuer à conserver les solutions, particulièrement à partir du moment où la Chouette s’est trouvée « capturée » dans les conditions que l’on sait, sans que Me Manceau n’ait rien fait pour s’y opposer, et alors qu’elle n’entendait pas en faire davantage pour aider Max (ni, d’ailleurs, ultérieurement, Becker) à la récupérer ? En d’autres termes, Me Manceau, ayant déjà un certain passif d’honoraires impayés sur ce dossier, et ayant manifestement décidé de se laver les mains des procédures en cours (et, partant, du sort du lot), n’est-il pas vraisemblable qu’elle ait dès lors restitué la fameuse « enveloppe scellée » à Max, ou l’ait détruite, faute de pouvoir la lui remettre en main propre, puisqu’il était à ce moment déjà reparti habiter dans l’est de la France ?

Ce scénario ne paraît pas impossible. Et, en dépit de l’entorse ainsi faite à la croyance générale des chouetteurs, Max a pu considérer que cela ne changeait pas grand-chose en pratique puisque de toutes façons, lui, le créateur des énigmes, était là. Ensuite, il est tombé malade et l’on peut bien imaginer que, dans ces moments-là, on pense à autre chose qu’à s’occuper du sort des enveloppes scellées ! Et comme je crois pouvoir dire que la mort, hélas ! l’a véritablement saisi par surprise, je ne serais pas étonné qu’aucune disposition particulière n’ait été prise concernant les solutions originales de la Chouette, celles qui entrèrent en possession de Me Llouquet un beau jour de 1993.

Je me suis, bien entendu, entretenu de ce sujet délicat avec les ayants-droit de Max, puisque je connais bien cette partie de sa famille. C’est un sujet sur lequel quasiment tous ceux d’entre vous qui m’ont écrit depuis un an n’ont pas manqué de m’interroger, face à l’incertitude qui continue à planer sur l’avenir du jeu orphelin et aux rumeurs de divulgation qui ont pu circuler comme ont circulé les mêmes rumeurs concernant le cahier des charges élaboré par Max et remis à Becker afin qu’il dispose des instructions nécessaires pour peindre les tableaux.

Comme, par ailleurs, on ne peut que constater que la contremarque n’a toujours pas été découverte, il est probable que les solutions n’ont pas été divulguées à quiconque, de même que le cahier des charges —encore que, dans ce dernier cas, il se pourrait également qu’une divulgation n’ait pas suffi pour permettre aux bénéficiaires de résoudre les énigmes, ce que Max m’avait d’ailleurs assuré avec un fin sourire il y a plusieurs années.

Cela étant, même en l’absence de divulgation, ce qui est bien la moindre des choses, reste le problème de la conservation et de la sécurité des solutions : combien d’exemplaires existe-t-il ? Où est(sont)-il(s) ? De quelles précautions est(sont)-il(s) entouré(s), d’abord en termes de confidentialité, mais aussi en termes de publication potentielle, dans le cas où une telle mesure deviendrait nécessaire ? On m’a indiqué que les solutions se trouvaient bien chez un huissier, mais je n’ai reçu aucune réponse aux questions que j’ai immédiatement posées en lisant les simples mots « chez un huissier », questions que vous pouvez imaginer.

Un dernier point a été régulièrement évoqué dans les messages que vous m’avez adressés, et c’est un des plus douloureux : où la sépulture de Max se trouve-t-elle, afin de pouvoir aller s’y recueillir ? Je puis au moins répondre à cette question, même si ma réponse, je le sais, ne satisfera pas celles et ceux qui voudraient aller lui rendre un hommage posthume (j’en fais partie) : la vérité est que Max a été incinéré, et que ses cendres ont été, jusqu’à ce jour, conservées par sa famille, ce qui est bien évidemment le droit le plus strict de ses proches. Aucun lieu particulier ne peut donc être proposé actuellement, et seul un des « hauts lieux » de la Chouette d’Or pourrait, peut-être, faire office, pour autant que les chouetteurs arrivent à s’accorder sur ce qu’est un «haut lieu» plutôt qu’un «faux lieu»…

Voilà ce qu’aujourd’hui, un an tout juste après le décès de Max, je souhaitais dire publiquement à l’attention de la communauté des chouetteurs. J’ai posé de très nombreuses fois aux ayants-droit de Max les questions que vous vous posez, les questions que vous m’avez posées, et toutes les réponses que j’ai obtenues à ce jour figurent en substance dans le présent message. Vous les communiquer, c’est aussi une manière pour moi de lui rendre hommage en cette journée anniversaire, car je crois que c’est ce qu’il aurait voulu que je fasse.

Cordialement.

La Chouette d’Or a été déterrée !

•17 février 2010 • 117 Commentaires

Vous vous souvenez que, dans mon billet du 30 avril 2009, j’évoquais les soirées que Max et moi passions ensemble, chez l’un ou chez l’autre, à bavarder, à discuter de projets futurs, voire, parfois, à nous écharper sur telle ou telle controverse historique ou fait de société ? Eh bien, ce que je vais vous raconter maintenant s’est passé au cours de l’une de ces soirées qui s’annonçaient a priori paisibles… Rien ne permettait en effet de deviner quel coup de tonnerre allait retentir dans l’atmosphère pourtant sereine de ce début septembre… Nous avions parlé, entre autres, de la Chouette, à la manière dont nous en parlions, toujours périphérique, par allusions indirectes, et tout-à-coup, j’ai oublié comment il amena cela tant ma stupéfaction ft forte, Max m’annonce : « Tiens, je vais te dire un truc qui va t’amuser : je suis allé déterrer la Chouette ! »

À l’évidence, «amusé» n’était pas le mot : «sur le cul» aurait été plus exact —heureusement que j’étais déjà assis ! Certes, je savais que, même s’il avait décidé depuis déjà plusieurs années de ne plus en parler publiquement, il retournait régulièrement (deux ou trois fois par an, d’après lui, j’en parlerai peut-être un jour) sur ce que les chouetteurs avaient pris coutume d’appeler la «tombe» de la Chouette… Certes, je savais que le truc de l’aimant enfoui avec la contremarque, entretemps devenu secret de Polichinelle, lui permettait de s’assurer de la présence de l’objet, mine de rien, en passant simplement une boussole à bout de bras au-dessus de la cache… mais de là à déterrer le bestiau ! Je me souvenais qu’il m’avait raconté à quel point faire le trou et le reboucher lui avait quasiment cassé les reins, en 1993, alors même qu’il avait dix ans de moins… pourquoi diable remettre ça ?

C’est alors que Max m’expliqua (et cela en dit long sur son niveau de conscience professionnelle) que, compte tenu du temps écoulé depuis la mise en terre de la contremarque —plus de dix ans, je l’ai dit—, il craignait que l’humidité n’ait mis à mal l’emballage du bronze et ne commence à attaquer le métal… Aussi se décida-t-il finalement, sans sous-estimer l’épreuve qui l’attendait, à rouvrir le trou, à la faveur d’une longue nuit d’hiver.

« Ça a été un peu moins dur que la première fois, me raconta-t-il, c’est vrai que les sols restent meubles longtemps, et il n’avait pas gelé, mais j’en ai quand même copieusement bavé ! »

Ayant extrait à grand-peine la contremarque de son trou (mais ne me demandez pas de détails sur la présence d’éventuelles racines ou autres obstacles naturels, il ne m’en a rien dit et je n’ai évidemment rien demandé), il a constaté que l’emballage, pourtant soigné, avait notablement souffert d’un séjour sous terre considérablement plus long que les quelques mois envisagés au départ. Néanmoins, l’enveloppe interne tenait encore le coup (mais tout juste), ce qui fait que, s’il était plus que temps de procéder à l’intervention, aucun dégât n’avait cependant encore été causé à la contremarque —qui, rappelons-le, lui était particulièrement chère puisqu’il comptait bien la conserver comme souvenir après que l’échange aurait été effectué par le découvreur, en admettant qu’il y en ait un un jour. En deux mots, les dégâts constatés étaient ceux auxquels Max s’attendait ; ils étaient même moins étendus que sa pire estimation.

Il n’était évidemment pas question de reboucher le trou, d’emporter la contremarque pour refaire l’emballage, puis de retourner une nouvelle fois sur les lieux pour la ré-enterrer. Max s’était donc muni, comme on l’imagine, de tout ce dont il aurait besoin pour opérer sur place. C’est ainsi qu’il put, en l’espace de «quelques heures» (je n’ai pas demandé plus de précisions), mener à bien, sur les lieux même de la cache, l’ensemble de l’opération d’exhumation, de réfection de l’emballage («Cette fois, j’ai prévu pour longtemps !» m’a-t-il déclaré, mi-figue, mi-raisin), et de remise en terre, suivie comme on peut le penser du nécessaire et méthodique effacement des traces et de la reconstitution aussi proche que possible de l’apparence qu’avaient les lieux à son arrivée.

M’ayant raconté en détail son expédition, Max rentra chez lui, le sourire aux lèvres, et prêt à dormir du sommeil du juste… sommeil que, comme vous l’imaginez, j’eus pour ma part quelque mal à trouver ce soir-là !

J’ai encore plusieurs anecdotes de ce genre dans ma besace, sans doute les publierai-je un jour.

Heureuse année 2010 ! Bientôt des nouvelles…

•26 janvier 2010 • 7 Commentaires

       Depuis quelques mois, vous avez été vraiment très nombreux (près de cent cinquante) à m’écrire, soit via ce blog, soit à mon adresse email. J’en ai été profondément touché et je vous en remercie bien sincèrement toutes et tous, tout en vous présentant mes excuses pour n’avoir pas répondu individuellement à chacune et chacun.

Pour en finir sur le sujet des adresse email, je vous remercie, si vous devez m’écrire, de privilégier l’adresse monglane {arobase} wanadoo.fr, à l’exclusion de toute autre. C’est d’ailleurs ce que font déjà la quasi-totalité de mes correspondants.

Je profite également de cette occasion pour vous présenter tous mes vœux de bonheur et de santé pour cette nouvelle année.

Les jours qui ont suivi le décès de Max ont été particulièrement difficiles à vivre, non seulement, bien sûr, du fait de sa disparition, mais aussi en raison des prises de position que quelques individus (heureusement fort rares), au premier rang desquels Michel Becker, ont cru devoir exprimer sur le forum de la Chouette d’Or. Constatant que, parmi les administrateurs de l’Association des Chercheurs de la Chouette d’Or (A2CO), à savoir Hiram, Viking et Lise, il ne s’en trouvait pas un pour condamner ces sorties insultantes pour la mémoire de Max (et pourtant, comme ils l’avaient porté aux nues…!), j’ai démissionné de mes fonctions d’administrateur et je ne me suis plus, depuis lors, connecté sur le forum de la Chouette.

Quelques semaines plus tard, mettant à profit le fait que j’avais adressé mon renouvellement de cotisation à Viking en espèces, le trésorier de l’A2CO ne craignit pas, grâce à un mensonge digne de Tartuffe, d’affirmer que j’avais laissé passer le délai pour renouveler ma cotisation : l’enveloppe contenant les 10 euros, le croirez-vous, s’était «égarée»… Comment cela, vous ne le croyez pas ? Mais si, mais si, puisqu’on vous le dit… Et, bien sûr, on allait être extrêmement strict sur le respect des délais… à l’égard d’un membre-fondateur de l’A2CO, c’était bien la moindre des choses. ;o))

Ce n’était toutefois que la première partie de la manœuvre.

Sans un sourire pour ce genre d’enfantillage, je ré-adhérai immédiatement à l’A2CO, mais ce fut alors (deuxième partie de la manœuvre) le Conseil d’administration qui décida de m’interdire (non, vous ne rêvez pas, lol !) de rejoindre les rangs de l’association… que j’avais co-fondée.

Ce Conseil d’administration, pour l’anecdote, se composait majoritairement d’une Secrétaire, Lise, qui n’avait accédé à ce poste que parce que j’en avais moi-même démissionné et que personne d’autre ne le voulait, et d’un Président, Hiram, qui n’était là que parce que je l’avais fait élire, après l’avoir persuadé de présenter sa candidature… Audebert de Périgord devait en rigoler dans sa tombe !

Comme le disait, je crois, Franklin, «celui qui sacrifie un peu de sa liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni la liberté ni la sécurité, et finira pas perdre l’une et l’autre.» Mais en attendant… tiens, je viens de trouver 10 euros dans la rue, comme ça, par hasard, c’est ma tournée !

Face à cette ambiance de realpolitik cynique, qui fleurait bon le renoncement et la compromission, je n’eus qu’une envie : m’éloigner de ces relents assez nauséabonds… ce qui, hélas ! (mais comment faire autrement ?) m’éloigna aussi de tous les amis et de tous les gens de bien qui, par passion pour le jeu de la Chouette d’Or, continuèrent à s’y consacrer, si possible avec plus d’acharnement encore que par le passé.

Cependant, j’avais déclaré publiquement que le décès de Max soulevait également des questions nouvelles quant à l’avenir et au déroulement de la chasse, surtout que sa disparition survenait au moment même où le procès intenté au liquidateur touchait à sa fin —ou était sur le point d’y toucher, selon qu’il y aurait ou non pourvoi en cassation. J’entendais donc faire connaître à la communauté des chouetteurs mon avis sur un certain nombre de points qui avaient toujours été tenus pour acquis par l’immense majorité des participants au jeu, mais qui étaient (ou pouvaient être) remis en question.

J’avais dit aussi que je ne disposais pas alors des éléments de fait me permettant de prendre position sur ces sujets, mais que je le ferais aussitôt que j’en disposerais. Ce n’est pas encore complètement le cas, mais ce le sera prochainement. Je n’ai pas oublié mon engagement (ce n’est pas mon genre, contrairement à d’autres), et je le tiendrai.

Mon ami Max nous a quittés

•30 avril 2009 • 19 Commentaires

Comme cela a déjà été annoncé par Phil d’Euck et moi-même sur le forum de la Chouette, Max Valentin est décédé brutalement dans la nuit du 23 au 24 avril.

Je connaissais Max depuis douze ans, et il avait été mon ami depuis presque autant de temps. C’était pour moi bien plus que le célèbre auteur de chasses au trésor : c’était un copain, un pote, quelqu’un sur qui je pouvais compter et qui pouvait compter sur moi ; je le voyais vivre en époux et en père, et bien entendu mon affection et mon soutien vont en tout premier lieu à sa veuve, à ses enfants, à ses proches ainsi qu’à Phil d’Euck, son collaborateur de longue date.

Notre première rencontre, ce fut un frais matin d’avril, sous les Arcades de Buc qu’après tant d’autres, Edgar P. Jacobs a immortalisées dans SOS Météores —que je cite à dessein, Max ayant été, comme moi, un fan des grands classiques de la bande dessinée dont nous pouvions discuter pendant des heures, allant même jusqu’à envisager de créer ensemble un site Web pour perpétuer le souvenir des plus belles sagas de ce Huitième Art… Encore un projet qui, faute de temps, ne verra pas le jour.

Ce matin-là, donc, j’eus une des plus grandes surprises de ma vie. Nous étions en 1997 et, chouetteur depuis deux ans, j’avais un peu délaissé cette grande chasse mythique pour me consacrer à la fois à la première chasse concoctée par Max pour MSN, et au Trésor d’Orval, qui venait de paraître. Déjà pionnier dans un domaine où il accumula bien des premières, Max avait conçu spécifiquement la chasse MSN pour une diffusion et une résolution via Internet. Elle s’appelait Le trésor de Florence B. et peut être visualisée sur mon site monglane.a2co.org, dans la partie «Archives, Chasses MSN». Du fait que cette chasse était gérée sur Internet, les organisateurs étaient informés de la progression des chercheurs et, ayant été le premier à franchir l’ultime étape et à décrypter ce qu’un chouetteur appellerait «la super-solution», c’est à dire la toute dernière énigme donnant en clair la localisation de la cache, je ne fus pas complètement surpris lorsque je fus approché par MSN : quand comptais-je aller sur les lieux ? voyais-je un inconvénient à être filmé ? On convint d’un rendez-vous sur le parking qui, donc, se trouve au pied des Arcades de Buc. De là, pour passer dans la forêt domaniale et aller jusqu’à la cache, il n’y avait que quelques centaines de mètres.

La personne de MSN m’avait indiqué qu’outre l’équipe de tournage, il pourrait y avoir «une ou deux autres personnes», mais ce matin-là, lorsque j’arrivai sur le petit parking de terre battue, au pied de l’aqueduc pluricentenaire, je ne vis aucune équipe de tournage, mais seulement deux hommes qui, bien que je sois à l’heure, semblaient battre la semelle depuis un petit moment. Le premier, un jeune homme d’une trentaine d’années, s’avança et se nomma ; c’était celui que j’attendais. Quant à l’autre, qui était resté en arrière, appuyé contre une limousine anglaise à la peinture noire impeccablement brillante, il le présenta d’un geste presque négligent de la main en disant : «… Et voici Max Valentin.»

On s’imagine ma surprise —que dis-je, ma totale stupéfaction ! Max Valentin, un des personnages les plus mystérieux du pays, un homme à l’anonymat bien mieux protégé (et respecté) alors qu’il ne le fut ces derniers mois, un créateur d’énigmes auréolé tout ensemble de gloire et de ténèbres, baignant dans la lumière des projecteurs de télévision, mais toujours filmé de dos… Max, en un mot, était devant moi, blond, un collier de barbe bien ordonné, le teint très pâle, deux yeux bleus perçants, brillants d’intelligence et d’humour, un petit sourire aux lèvres… Il s’avança et me tendit la main, comme si tout cela était la chose la plus naturelle du monde. S’il est vrai, comme on le dit, qu’«il n’y a pas de grand homme pour son valet de chambre», et si, au fil des années, je finis par voir en Max un être humain presque «normal», en dépit de son hallucinante culture, il reste qu’à l’époque, pour moi, chouetteur, orvalien, florence b.-ien, rencontrer celui qui n’était encore que «le Maître» fut évidemment un grand moment. Être, quelques minutes plus tard, le premier chercheur de trésor à déterrer un trésor enterré par Max, en fut un autre.

Pendant le temps que durèrent mes recherches en forêt de Buc ce matin-là, il ne dit pas un mot, mais lorsque j’eus trouvé la cache, il me confia : «Vous savez, quand vous avez pris le premier chemin, celui qui était en pente, je ne vous ai rien dit, et au bout de quelques instants vous avez compris tout seul que ça ne pouvait pas être là, mais de toutes façons, jamais je n’imposerais à des chercheurs de gravir ce genre de pente, il y aurait bien trop de risques de chevilles cassées, avec procès à la clé !» Ainsi fut ma première rencontre avec Max Valentin.

Nous nous revîmes ensuite régulièrement, chez l’un, chez l’autre ou à l’extérieur. Lorsque, au tournant du siècle, je m’éloignai pendant presque deux ans du monde des chasses, il se trouva que, par coïncidence, je quittai Paris pour m’installer à côté de Versailles, dans le même village que lui. Je ne puis être tenu pour responsable de ce rapprochement, puisque c’est ma compagne de l’époque qui, sans le savoir, avait choisi la maison, mais la coïncidence me fit sourire et je laissai faire. Ainsi, pendant plusieurs années, Max et moi fûmes quasiment voisins : moins de dix minutes à pied en passant par les rues, et encore bien moins que ça par la forêt. Comme il aimait à le dire, il nous suffisait presque de «sauter la haie» pour nous retrouver l’un chez l’autre. C’est avec émotion et nostalgie que je me remémore ces soirées, lui «sautant la haie» et sonnant à la petite porte du jardin, dans la nuit tombante, avec à la main une bouteille de gnôle confectionnée par Phil, et dont le contenu vous assommait rien qu’aux effluves qu’il exhalait… Allongés dans les fauteuils de jardin, on parlait paisiblement en regardant le soleil se coucher derrière la rangée de chênes, ou alors on ne disait rien…

(À suivre… peut-être)

 
Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 31 followers