Retour sur la Rose des Vents 1998

J’ai déjà fait, çà et là sur ce blog, quelques allusions à ce que fut la Rose des Vents de France 3, sans nul doute la chasse au trésor ludique la plus médiatisée de tous les temps en France, et malheureusement l’une de celles qui profita le moins bien de cet extraordinaire capital de popularité, du fait d’une déplorable politique de gestion des énigmes et des relations entre les participants et l’auteur, qui répondait au doux sobriquet de l’Homme en Noir —« HN » pour les intimes, ou dans la vraie vie Yves M.

Que penser en effet d’un organisateur de chasses confirmant ou infirmant sur Minitel les hypothèses des chercheurs ? À l’évidence, ce genre de pratique était appelé à générer un énorme trafic Minitel (de ce point de vue, les objectifs financiers étaient très largement atteints) qui allait promptement dépasser les capacités dudit organisateur à répondre, et par conséquent générer des frustrations considérables parmi les participants… Ce système, perçu comme une loterie, fut néanmoins reconduit année après année selon des modalités très similaires, HN étant même allé jusqu’à préciser plus tard que cette « politique de réponses en ligne » avait été guidée par des impératifs émanant de la chaîne elle-même.

Avec tout ce que l’on avait mis dans la corbeille de la mariée (adossement à une émission en direct programmée tout l’été en prime time, ballet de deux hélicoptères au-dessus des sites les plus pittoresques de France, « héritage spirituel » de l’un des programmes les plus aimés du public, La Chasse au trésor animée par Philippe de Dieuleveult, mise à profit de la période la plus favorable [les grandes vacances] pour attirer le public sur ce genre de divertissement), la Rose des Vents (ou, plus exactement, Le Trésor de France 3, selon son appellation officielle) avait tout pour devenir un énorme succès, à condition d’être intellectuellement bien gérée et intelligemment conçue. Avec un Max Valentin aux commandes, on tenait un succès international. Hélas ! j’ai pu constater en conseillant le jury en 2000 sur un cas difficile qui conduisit à une annulation du jeu cette année-là, qu’on était loin, en interne, du niveau de sophistication technique qu’il aurait fallu avoir sur une chasse ludique de cette ampleur.

Il n’en reste pas moins que les quelques éditions auxquelles j’ai participé (plus souvent de loin que de près, il est vrai) m’ont laissé des souvenirs sympathiques, à l’instar de cette édition de 1998, dont le final se déroulait au bord de la Creuse, dans la pittoresque région de Crozant et de Gargilesse. Si mon coéquipier de l’époque et moi avions été un peu plus à ce que nous faisions, nous aurions pu déterrer la contremarque dans l’après-midi, avant même la dernière émission, puisque nous avions localisé le dernier repère, à partir duquel il s’agissait de compter une certaine distance dans une certaine direction, pour parvenir à la cache. Nous avions plusieurs heures devant nous pour, non pas même arpenter un bout de terrain de quelques centaines de mètres carrés, mais seulement marcher en ligne droite vers le sud et vers le nord (l’ouest et l’est étaient impossibles vu la configuration des lieux) en nous arrêtant tous les mètres pour sonder… À cinq ou six mètres vers le sud, on trouvait la contremarque. Mais quand on a décidé d’être neuneu, rien n’y fait !

Bref, ces quelques regrets ayant été exprimés, c’est professant une nostalgie de bon aloi que, profitant d’un passage dans la région, je me rendis de nouveau sur les lieux, 14 ans plus tard, pour constater que pas grand-chose n’avait changé. Il en est souvent ainsi dans la campagne profonde : les choses bougent lentement.

L’Hôtel du Lac, où nous avions installé la base avancée, est toujours là. À en juger par les parties communes, très exactement conformes à mon souvenir, tout est resté dans son jus, si ce n’est que les propriétaires s’expriment maintenant avec un léger accent qui fleure bon le batave.

En suivant la route qui passe derrière l’hôtel et escalade la colline, on passe devant le parking qui existe toujours, avec son panneau « Forêt communale de Saint-Plantaire ». Lui aussi semble être resté tel quel, si ce n’est une sculpture moderne figurant ce qui peut ressembler à une rose, avec un cœur percé pouvant ressembler à un viseur… Je reste prudent, car avec les artistes, n’est-ce pas, on ne sait jamais. S’agit-il d’une commémoration directe ou indirecte de la phase finale de la grande chasse au trésor qui se déroula dans ces bois, ou bien cette œuvre est-elle sans le moindre rapport ? Je l’ignore, et n’ai rien trouvé pour conclure sur place dans un sens ou dans l’autre. Un coup de fil au maire de Saint-Jallet permettrait sans doute de tirer cela au clair.

Poursuivons notre route : nous voici bientôt sur la « grand-place » de Saint-Jallet, où la plupart des équipes s’étaient installées pour capter le réseau GSM (et même la télévision, pour les mieux équipés) le soir de la diffusion de la dernière émission… Disons-le, la qualité de la réception ne s’est pas franchement améliorée depuis 14 ans, ça ne passe toujours pas très bien en bas, au bord de la Creuse. Quant à cette « grand-place » elle-même, absolument rien n’a changé par rapport à ce qui existait à l’époque.

Retour sur notre parking. Deux chemins forestiers en partent, l’un plat, l’autre plus pentu. Paresseux de nature, on privilégie celui qui est plat, et on a raison.

Entrée du parking

Le chemin d’accès

Bientôt, on découvre une jolie vue sur la Creuse, qui coule paisiblement en contrebas :

… et au bout d’à peine dix minutes de marche (le chemin est même carrossable, j’ai vu des traces de pneus et entendu des quads, c’est dire), voici le fameux repère pérenne, cette sorte d’auge de pierre qui est le seul truc un peu remarquable qu’on trouve dans tout le bois :

Et voici ce que l’on voyait, depuis l’angle sud de l’auge (visible dans le coin de l’image) : tout droit, à 5 ou 6 mètres de distance, je ne sais plus, la Rose des Vents était enterrée sous une pierre et quelques centimètres d’humus… Un peu de concentration, de méthode et de persévérance, et l’équipe aurait ce jour-là empoché 100.000 francs.

Il reste de bons souvenirs, et puis, le soleil qui se couche sur les ruines de Crozant, c’est tout de même un joli spectacle…

P.S.: n’oubliez pas de cliquer sur les photos pour les voir, elles seront ainsi un peu moins nulles que la compression que propose WordPress par défaut!

Publicités

~ par monglane sur 4 octobre 2012.

10 Réponses to “Retour sur la Rose des Vents 1998”

  1. salut monglane , merci pour cette belle histoire … les photos sont superbes… amitiés, n’on’o

    • Bonsoir si cette chouette existe toujours pourquoi ne pas la laisser chercher, j’ai le premier livre depuis 1993 je la recherche, mais si je la trouvai par pur hasard naturellement le prix de cette chouette à part le prix d’un magasin de toilettage pour ma fille, toute la somme irai à une association de beaucerons .
      Merci pour ces très belles photos, mais pourquoi y croire . elles peuvent très bien avoir été créer de toutes pièces .
      On peut toujours y croire ?
      cordialement

      • Bonjour,

        J’avoue que je n’ai pas véritablement compris la teneur de votre message, ni la raison pour laquelle vous l’avez posté à la suite d’un article consacré à la Rose des Vents, puisqu’il semble que vous vouliez parler de la Chouette d’Or…

        N’ayant donc pas compris à quelle(s) photo(s) vous faites allusion, ni qu’est-ce qui pourrait avoir été créé de toutes pièces, je vais partir du principe que vous demandez: « Peut-on croire encore à la Chouette d’Or? » À cette question, la réponse est « Évidemment oui! », car qu’est-ce qui empêcherait d’y croire? La Chouette d’Or est un jeu, le règlement du jeu est déposé chez un huissier de justice, et le jeu consiste à trouver la contremarque en bronze enterrée quelque part en France en résolvant les énigmes contenues dans le livre. Jusqu’à présent, personne n’y est parvenu, mais quelqu’un y parviendra bien un jour…

        Bonne chasse!

        Cordialement.

      • en effet mais « on » dit que la chouette d’or n’existerait plus, ou qu’elle aurait été découverte, que la personne qui l’a cachée serait décédée, on dit beaucoup de choses !!!!!!!!

      • On dit beaucoup de choses, et il ne faut surtout pas croire tout ce que l’on entend! Un minimum de bon sens, et aussi de recherches personnelles, permet de se faire un avis éclairé.

        Par exemple, il est facile de vérifier que Max Valentin, le créateur des énigmes et celui qui a enterré la contremarque, est en effet décédé il y a quelques années. Le jeu qu’il avait créé lui survit cependant, et vous pouvez être certain que, si la Chouette en bronze qui sert de contremarque avait été découverte, ça se saurait! Elle est donc toujours en place, attendant celui ou celle qui sera assez cultivé, mais aussi (et surtout?) assez astucieux, pour localiser sa cache et aller la déterrer…

        Cordialement.

  2. Bonjour Monglane.
    Que de souvenirs de cette chasse où, d’emblée ou presque, avait été lâchée l’indication supplémentaire selon laquelle le trésor se cachait sous une voûte.
    Que de regrets aussi. J’avais localisé la cache une semaine avant l’ultime émission mais mon « employeur » m’avait refusé les repos sollicités à cet effet.
    Cependant, j’étais loin d’être le seul à detenir ces éléments.
    etoile

    • Ah ! la voûte sacrée…! Au moins UN odieux jeu de mots bien lourdingue par an, c’était la norme que s’imposait (et nous imposait) HN.

      En l’occurrence, « la voûte sacrée » devait nous faire penser au village de… roulements de tambour… Saint-Plantaire!

      Si, si, hélas!

  3. Hé oui ! Projeté directement sur la zone…
    Cela peut laisser songeur.
    Il m’étonnerait que ce genre d’indication se puisse de se répéter dans une chasse illustre que la bienséance ( entre autres ) m’empêche évidemment de nommer ici …
    Cordialement.

  4. C’est marrant, j’ai déjà vu ces photos et lu cette histoire……

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :